Quelles sont les pistes les plus empruntées d’un domaine skiable ? A quelle vitesse les skieurs se déplacent-ils ? Où se concentrent les passages en hors-piste ? Comment ces flux évoluent-ils au cours d’une journée, ou selon le jour de la semaine ? Si les données de passages aux remontées mécaniques, collectées grâce aux forfaits sans contact, permettent aux exploitants de disposer d’un premier niveau d’information, elles restent insuffisantes pour connaître avec précision les comportements des pratiquants sur l’ensemble d’un domaine alpin.

Pour répondre à ces questions, les données de localisation GNSS  offrent des possibilités particulièrement vastes. Nous avons ainsi analysé un ensemble de données anonymisées collectées durant les trois premiers mois de l’année 2024 sur le domaine skiable des Arcs (Savoie) et dans certaines zones hors-pistes qui l’entourent. Au total, plus de 123 000 points de géolocalisation ont été traités, provenant de 2 700 visiteurs ayant fréquenté le domaine et/ou ses alentours au cours d’une ou de plusieurs journées.

Afin de ne pas fausser les analyses, ont été exclus du périmètre d’étude les abords des routes, les villages et les zones d’hébergement (Arc 1600, Arc 1800, Arc 1950, Arc 2000, Plan-Peisey, Vallandry, Villaroger) ainsi que les parties de pistes les plus proches des différents fronts de neige.

L’étude des points GNSS permet d’abord d’analyser la densité de fréquentation des différentes zones du domaine, à la fois sur piste et hors-piste. Plus de 80 000 points de passage ont été relevés dans l’emprise des pistes, ce qui représente deux tiers des points analysés.

Sans surprise, à l’intérieur de ces pistes balisées, les zones de fréquentation maximale correspondent aux départs et aux arrivées des remontées ainsi qu’à certains restaurants d’altitude. Mais l’analyse permet surtout d’étudier le trafic sur les pistes elles-mêmes. On note par exemple un niveau de fréquentation particulièrement élevé sur la piste de la Vallée de l’Arc (qui assure la jonction entre le village d’Arc 1950 et le secteur de Pré Saint-Esprit). A l’inverse, les passages sont particulièrement rares sur les pistes noires (et non damées) qui redescendent sur Arc 2000 depuis l’Aiguille Rouge, point cuminant du domaine à 3200 mètres d’altitude

En hors-piste, si des densités de passage importantes sont identifiées dans plusieurs zones de basse altitude en partie ouest du domaine (autour d’Arc 1800 et vers Notre-Dame-des-Vernettes), des secteurs beaucoup plus étendus sont concernés sur le domaine d’Arc 1950/2000, y compris en altitude (par exemple autour de l’Aiguille Grive).

Dans un grand nombre de cas, la localisation des points GNSS hors-piste coïncide avec l’emplacement de sentiers et chemins. Pour différencier les passages selon le type de pratique (ski alpin, promenade à pied, randonnée en raquette ou à ski…), il est nécessaire d’analyser la vitesse moyenne de déplacement des points. Ces données confirment qu’une grande partie des passages hors-pistes sont effectués à une vitesse lente, ce qui semble désigner des promeneurs et randonneurs. On distingue tout particulièrement deux itinéraires qui partent d’Arc 2000 et montent vers les sommets situés au sud du domaine skiable, entre le Grand Col et l’Aiguille Grive. Les passages hors-pistes en ski alpin (vitesse de déplacement plus élevée) sont plutôt concentrés sur le domaine d’Arc 1950/2000, où l’absence de végétation facilite par ailleurs ce type de pratique.

De la même manière, l’analyse des vitesses appliquée aux secteurs balisés permet de constater que les déplacements sont en moyenne plus rapides sur les pistes du domaine d’Arc 1950/2000, alors qu’ils sont dans l’ensemble plus lents sur les pistes d’Arc 1600.

Un troisième niveau d’analyse peut être mobilisé pour étudier la fréquentation et les vitesses de déplacement en fonction de critères temporels, par exemple selon l’heure de la journée ou le jour de la semaine.

Une analyse par journée permet ainsi de constater que, si le dimanche est la plus chargée au global sur le domaine, devant le jeudi et le mercredi, il existe également des variations quotidiennes selon les secteurs. Dans la partie ouest, les pistes de Villaroger sont ainsi davantage empruntées le jeudi. La fréquentation de l’Aiguille Rouge est, quant à elle, maximale le vendredi, mais cela n’entraîne pas de hausse des passages sur les pistes qui en descendent, ce qui semble indiquer la venue de nombreux piétons au sommet ce jour-là. De même, en hors-piste, la zone de l’Aiguille Grive est davantage fréquentée les lundis et jeudis, tandis que l’itinéraire qui monte du village d’Arc 2000 jusqu’à l’extrémité sud-est du domaine est surtout emprunté le dimanche.

CitiProfile comme outil d’aide à la décision sur les questions de mobilité et d’environnement

Les analyses réalisées par CitiProfile offrent une vision précise et exploitable pour les décideurs publics, en identifiant la localisation, la temporalité et l’origine des visiteurs. Ces informations sont essentielles pour répondre aux enjeux liés à la gestion des espaces naturels côtiers. Par exemple, les données collectées permettent de guider les politiques publiques dans les domaines suivants :

  • Protection des territoires sensibles : En identifiant les plages les plus fréquentées, les collectivités peuvent prioriser les zones nécessitant davantage de mesures de préservation, comme la surveillance des comportements nuisibles et la mise en place de restrictions d’accès sur les plages vulnérables.
  • Optimisation des ressources : Les flux de mobilité identifient les moments où la fréquentation est la plus élevée, ce qui permet de mieux gérer les infrastructures (services de secours, gestion des déchets) et d’améliorer l’accessibilité des zones sensibles.
  • Préservation de l’attractivité économique : En comprenant les plages les plus attractives et les raisons de leur succès, les collectivités peuvent adapter leur stratégie touristique pour soutenir l’économie locale tout en protégeant les espaces naturels contre la surfréquentation.

Contrairement aux méthodes traditionnelles, comme les comptages manuels ou les éco-compteurs, CitiProfile utilise des données géospatiales d’une grande précision, permettant une vue d’ensemble des flux de visiteurs. Cette approche permet aux gestionnaires de mieux appréhender les dynamiques complexes des espaces naturels tout en prenant des décisions éclairées et adaptées aux réalités locales.

En somme, cette étude démontre qu’une gestion proactive, fondée sur des données précises, est essentielle pour répondre aux défis de la surfréquentation et du changement climatique. Elle fournit aux collectivités locales des outils efficaces pour concilier développement touristique et préservation des environnements fragiles.

À votre service pour analyser la démographie et les flux de visiteurs sur vos territoires !

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